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Le monde des invisibles

Le « monde de l’invisible »

 

C’est  comme « jeune » apicultrice qu’elle se définit, Emma est tombée dans le monde des abeilles «  par hasard » il y a 4 ans et demi. Depuis toujours sensible à l’environnement et à tous les êtres vivants qui le colonisent, son attrait pour les abeilles aurait pu rester dans le domaine du loisir. Et puis…ce fut un véritable coup de foudre. Après des semaines et des mois à accompagner Pascal, un apiculteur bien plus aguerri qu’elle, elle envisage au bout d’un an seulement d’en faire son métier tout en conservant son autre activité professionnelle, assistante vétérinaire, pour s’assurer un revenu financier.  Elle part en formation au CFPPA de Hyères dans le Var, cumule l’expérience et le recul nécessaire sur les pratiques de la profession.

 

Passionnée, Emma considère cette reconversion en totale adéquation avec son engagement politique du quotidien : agir en faveur d’une alimentation saine qui permettra au consommateur d’avoir le choix et la qualité dans ses achats. Elle s’implique au sein de l’association Nature et Progrès* dont le rôle est de promouvoir une agriculture respectant le vivant, ce qui la met à la pointe du développement de l’agro-écologie. Dans une logique indissociable elle siège à la commission apicole de la Confédération Paysanne*.  

Avec des activités variées et des pratiques respectueuses de l’environnement, la ferme de Benoit Poux montre cette accessibilité possible au consom-acteur de privilégier le droit à la santé par une alimentation saine.

C’est ainsi qu’il y a 2 ans, elle a sélectionné notre exploitation pour poser ses ruches en estive…parce que les abeilles aussi, font de la transhumance. Cette pratique récente dans l’histoire de l’agriculture est la conséquence directe de la monoculture associée à l’emploi intensif de la chimie, qui raréfie la rotation des ressources nectarifères sur l’année. L’apiculteur est contraint de déplacer ses ruchers.

Les pesticides sont en grande partie responsables du déclin des populations d’abeilles, tout particulièrement les insecticides néonicotinoïdes, qui contamine une grande partie des miels récoltés, et ce, sur tous les continents. Une exploitation agricole labélisée bio pratiquant la permaculture est une véritable aubaine pour les apiculteurs et la biodiversité ! De plus, Emma insiste sur le choix de cette exploitation en raison aussi de la culture de Colza qui fleurit tôt dans la saison apicole et donc donne un sacré coup de tonus aux colonies fragilisées à la sortie d’hivernage. Son pollen est très riche en protéines pour les abeilles ce qui leur permet de renforcer leur immunité et améliorer les capacités de ponte des reines. La permaculture permet quant à elle la diversité des fleurs et donc une ressource alimentaire régulière et variée.

 

Une vingtaine de ruches restent ainsi sur l’exploitation d’Avril à fin Novembre, puis vient le temps de la transhumance. Elle se pratique de nuit pour être sûr d’avoir toute la colonie rentrée à l’abri dés la fin du jour. Les ruches et leurs habitantes sont alors cheminées vers le littoral audois où elles passeront  l’hiver pour se réveiller en février sur les fleurs d’amandier et de romarin !

Le miel produit sur l’exploitation bénéficie de l’appellation « montagne » (appellation règlementée et protégée). Le cru  « Premières fleurs » est récolté au tout début de l’été. Sur les 20 ruches qui sont sur l’exploitation, Emma arrive à produire entre 10 et 15 kg de miel par ruche. Il y a 30 ans, dans les mêmes conditions les apiculteurs pouvaient produire jusqu’à 3 fois plus…de là à dire que les conditions se sont dégradées… les chiffres parlent d’eux-mêmes.

 

Face à ce constat, Emma dit avoir le sentiment d’être avant tout une « soigneuse » ou une « gardienne » pour les abeilles. Les seuls traitements qu’elle leur prodigue sont via le sirop de nourrissement lorsque c’est nécessaire, agrémenté d’infusion de plantes spécifiques, ou des produits naturels soit à base d’huiles essentielles soit à base de produits inoffensifs tant pour les abeilles que  pour le miel et donc sains pour la consommation humaine.

La relation qui s’est instaurée entre Emma et les personnes qui sont sur l’exploitation est basée sur le respect du travail de chacun et sur une confiance réciproque.

Nous espérons pouvoir pérenniser cela durant de nombreuses années encore… Il est d’ailleurs question de développer de nouveaux produits comme la propolis et pourquoi pas des biscuits Bio à base de miel….

 

Merci avant tout aux abeilles, ces travailleuses qu’on ne voit pas. 

 

*http://www.natureetprogres.org/

 

*http://confederationpaysanne.fr/

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